Récit d’un dépressif 1 – La perception de la vie

31 août 2017

Petit préambule, ceci ne sont que des souvenirs, des idées et des concepts, une partie des frames de mon esprit, des morceaux de matière, un patchwork… Il n’est en aucun cas une vérité universelle, c’est ma vérité, ma réalité… La vie a pour moi perdu une grande partie sa saveur, je suis une fenêtre embuée, une peinture sans couleur, une étoile qui se meurt peu à peu, un fruit qui tourne de l’intérieur, enfin je … Continuer la lecture de « Récit d’un dépressif 1 – La perception de la vie »

Petit préambule, ceci ne sont que des souvenirs, des idées et des concepts, une partie des frames de mon esprit, des morceaux de matière, un patchwork… Il n’est en aucun cas une vérité universelle, c’est ma vérité, ma réalité…

La vie a pour moi perdu une grande partie sa saveur, je suis une fenêtre embuée, une peinture sans couleur, une étoile qui se meurt peu à peu, un fruit qui tourne de l’intérieur, enfin je l’étais je commence à reprendre goût à la vie petit à petit. Ici je vais décrire quand comment et pourquoi ? Ça fera l’objet de plusieurs autres articles, le premier (celui-ci) étant une introduction.

Mon état actuel : Pour l’instant je me cantonne dans des plaines brumeuses errant à la recherche de réponse, je suis descendu dans les tréfonds de mon esprit, dans des abîmes bien trop sombre, ne sentant plus que la chute, à en perdre les notions de la réalité, la trame du temps, l’envie et la volonté… Je suis à ma manière un apnéiste, mon terrain n’étant pas l’eau, mais l’esprit. À ma modeste échelle bien sûr.

Maintenant imagine une chute, imagine le vide pour seul compagnon, imagine une forme l’enferment ce sont les frontières du connu et l’horizon de la perception, mais dans le noir, dans la chute, elles sont inatteignables c’est faire l’expérience d’une chute qui n’en finit pas, à en perdre la raison avec pour seul paysage une obscurité omniprésente qui s’étant au-delà de l’esprit, ici je parle du corps en entier, c’est être enfermé et esclave du monde, comment voir l’extérieur si depuis l’intérieur vous n’arriver pas à atteindre les limites de votre esprit, un genre de TruMan Show, comment reposer, atteindre et repousser ces limites ? Comment découvrir d’autres contrées, comment accepté sa réalité en acceptant que notre, mon esprit est peut être esclave et malade, reconnaître ses démons pour mieux les comprendre, pour moi ça était l’isolement, des problèmes familiaux, de sociabilité et professionnel… L’impression qu’un décor de théâtre tombe.

À la recherche du firmament de l’esprit : La première étape pour moi a été une question existentielle, la source “Qui suis-je” pour avoir un début et une fin en même temps, une boucle d’infinité une matière en constante évolution, être le créateur et la créature… Je pense que l’on ne peut rester identique dans un monde qui se renouvelle sans cesse, ce serait une folie, accepté la mort pour en apprécier la vie. Voilà pour moi un moyen de ne plus me perdre en chemin, l’important n’étant pas seulement le départ ou l’arrivée, mais le chemin parcouru. Maintenant il me manque la compréhension de la matière, comprendre le fonctionnement de la machine pour en changer le fonctionnement, ne plus imaginer le temps comme des chaînes, mais comme un outil, faire de chaque instant une réalité d’être, vous connaissiez surement cette question, être ou ne pas être ? Pour être l’auteur de sa destinée, écrire au fil de sa vie sa propre destinée pour ne plus être esclave.


L’altération de l’esprit : Les souvenirs à l’inverse des données informatiques, sont vivant ils se transforment et se déforment au fil du temps, qu’on le veille ou non, ce temps que j’ai perdu et que je perds encore, j’ai perdu sa trame, je me suis libéré du temps, volontairement ? Un peu, involontairement aussi. Il est indispensable à la vie, mais il est aussi les chaînes de la mortalité, la mort, l’inexistence à l’infini paradoxal non ? Atteindre l’immortalité en se libérant du temps… Oui je parle d’une chance, d’un talent propre aux dépressifs, voir le fil de la vie et de mort, voir un précipice, flirté avec les nuances les plus sombres de la vie. C’est tombé dans des abîmes si profondes, une chute si grande que la raison laisse sa place à un raz de marée d’émotion, pour ma part ça a était via la mélancolie, imaginé cette allégorie du temps, imaginé tous le sable de notre terre contenu dans un sablier, il y a tant de grain, il faudra tant de temps, que ça perception en devient altéré, c’est comme l’histoire du verre d’eau, est-il à moitié plein à moitié vide ou autre chose…


Qui suis-je : J’aime à me décrire actuellement (à l’écriture de cet article) comme une ombre dans la lumière indéniablement plus proche de l’ombre, mais aussi indéniablement à la recherche de lumière, cette lumière, l’exceptionnelle, l’unique lumière, celle que peu possède, j’ai eu la chance de la voir, de l’entendre et de la percevoir juste le temps d’un instant, un claquement de doigt dans une vie mais aussi suffisamment longtemps pour être sur de son existence, j’imagine la vie à cet instant à cette image comme un escalier infini mêlé et entre-mêlé, j’ai eu la chance le temps d’un instant dans une vie de le contemplé, c’était bref mais d’une intensité sans égal, grâce à une main tendue, depuis là-haut, une invitation au voyage, à l’exploration ou une invitation à mettre du courant, de la vie, de l’intensité dans des eaux beaucoup trop calme et plates.


Les questions : Bien sûr j’ai connu les couleurs, peut-on naître dépressif ? Je ne sais pas, mais ce n’était pas mon cas, comment faire des choix quand il n’y plus de nuance ? Comment être sûr d’être sur un chemin adéquate ? Comment utiliser le temps comme un outil plutôt que comme une contrainte ? Comment réinventer le monde ?

En fin de compte, faire face à la réalité c’est peut-être aussi dire adieu à un autre monde idéalisé…